AGES De 0 à 2 ans De 18 mois à 6-7 ans De 6 à 12 ans De 12 à 15 ans
Aspects, Biologiques, Physiques et moteurs

Croissance rapide, acquisition du maintien de la tête, de la position assise, debout, puis de la marche. Acquisition de l'appréhension, Acquisition de la coordination motrice, Gestes d'imitation

Croissanse se ralentissant, intégration des possibilités motrices; courrir, marcher, sauter, lancer, tirer, pousser,... Croissance constante, pleine possession des facultés physiques acquises, Coordination et équilibre Accélération de la croissance, Maturation stature, Puberté
Aspects affectifs

Premiers sourires, Apparition de la jalousie, la colère, la tendresse

intérêt aux frères et soeurs,

besoin important de l'adulte

Affirmation et dénégation, Moi je..? Non je....

Recherche d'autonomie et d'indépendance égocentrique

Formation de groupe, amitié solides, Compréhension de règles sociales, Développement d'une moralité autonome. Sentiment d'incompréhension, Affirmation de soi, Pulsions affectives et sexuelles.
Aspects intellectuels

Apprend à connaître son corps et ses possibilités motrices

Langage

vagissment, puis vocalises, puis sons, puis mots, puis phrases.

intéggration du langage, de la parole puis de la pensée, acquisitin de l'autonomie, Acquisition des moyens de communication, Debut de la pensée concrète. Compréhention de la différence de la ressemblance, Compréhension des relations de cause à  effet, Devient raisonneur puis raisonnable, Intelligence concrète

Performance intellectuelle adulte, Raisonnemnet discute, critique rationalise

Compréhensin du possible

Projection de l'avenir lointain, Contrôle de la pensée affective

Maniement des concepts , intelligence abstraite.

Relation avec le milieu et avec les autres  Expérimentation, Maniuplation d'objet, Exploratin de l'environnement proche, Relation avec adultes proches. Age de la curiosité, age de la crédulité, Age du touche à tout, Questionne le monde, Plutôt individualiste. Parie vorlonters, recherche le contact des autrs, Besoin de se battre, d'affronter, accepte volontier l'adulte, Constitution de bante, imitation des parents.

Recherche nouveaux modèles, Oppositoin aux parents, recherche de solitude mais aussi des autres,

Générosité intellectuelle et verbale mais égoîsme, recherche de l'autre sexe.

 

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00-03-Sexualatié du Nourisson

La sexualité des petits

1
LA SEXUALITÉ DES 0 À 3 ANS
La sexualité des petits
Les bébés ont une sexualité... Une idée acceptée aujourd’hui, mais qui laisse bon nombre d’entre nous
perplexes. Comment se manifeste cette sexualité ? Quelle attitude adopter ? Autant de questions importantes
pour la future vie affective des enfants.
VOTRE TOUT-PETIT VIENT DE NAÎTRE et il a déjà une sexualité. Cette affirmation, faite par FREUD dès 1905, avait
scandalisé l’opinion de l’époque. On avait osé porter atteinte à l’image de l’enfant pur et innocent, ignorant tout
de sa vie sexuelle jusqu’à la puberté. Aujourd’hui, cette idée laisse encore les parents un peu désemparés. Pas
facile d’imaginer à quoi peut ressembler cette sexualité infantile. Elle se situe dans un registre large de plaisir que
le bébé éprouve à jouer avec son corps. Elément important : elle est la base de la sexualité adulte : l’érotisme de
chacun comporte des caractéristiques héritées de la petite enfance. Il est donc primordial que votre enfant vive
sa sexualité de façon sereine pour devenir plus tard un amant et un « aimant » épanoui.
Éveiller ses sens tout en douceur
« A travers les soins que ses parents lui portent, en lui donnant à manger, en le changeant, en le
berçant, le câlinant, un bébé découvre le plaisir que procurent le contact de la peau, la musique de la voix, les
odeurs, les regards échangés, le goût du lait », explique Michelle Rouyer, psychiatre.
Vous ouvrez les portes de la sexualité à votre tout-petit tout simplement en l’aimant et en vous
occupant de lui.
Si tous les sens de votre bébé sont aux aguets dans ces tendres échanges, une zone du corps occupe
la vedette, de la naissance à 2 ans environ : la bouche.
Durant cette période, appelée « stade oral », votre tout-petit découvre le bonheur de téter et s’y
adonne largement. Au début pour se nourrir, puis rapidement aussi pour se procurer des sensations agréables.
La bouche devient une zone sensible, source de plaisir – une zone dite érogène. Plus tard, le baiser amoureux la
révélera pleinement. Pour l’instant, tout est bon à suçoter, mordiller pour s’offrir d’heureuses excitations : votre
bébé s’initie à l’autoérotisme.
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Le protéger d’un trop-plein d’excitation
« Attention, poursuit la psychiatre. Toute excitation excessive peut déborder un petit enfant. C’est
pourquoi les parents ont un rôle de protection à l’égard de leur bébé pour maintenir son sentiment de sécurité. Il
faut être attentif à ne pas trop exciter un bébé. Sinon, c’est courir le risque qu’il devienne dépendant de telles
excitations », souligne Michelle Rouyer. Pour éviter tout dérapage, suivez une règle d’or : les contacts physiques
avec votre enfant doivent toujours avoir pour motivation son plaisir, pas celui de l’adulte. Enfin, la carte de la
tendresse partagée avec votre bébé doit éviter de franchir certaines frontières. « Je ne suis pas favorable aux
caresses sur les parties génitales de l’enfant. Si cela se pratique de façon saine dans certaines cultures, ce ne sont
pas nos habitudes. Alors, mieux vaut s’en dispenser », conseille le pédopsychiatre Jean –Yves Hayez.
Canaliser son agressivité
Vers 2-3 ans, votre tout-petit découvre une nouvelle phase de son développement sexuel : celle de
l’analité. Son plaisir se fixe alors sur son anus. « Sa motricité ayant progressé, l’enfant sait utiliser ses muscles
sphinctériens qui lui permettent de retenir ses selles, de les expulser, de les morceler. La région anale devient
une zone erogène, comme l’a été la bouche au stade oral », explique Michelle Rouyer. Mais vous, parents, quel
rôle pouvez-vous jouer à cette période ? D’abord, ne pas le brusquer avec l’apprentissage de la propreté, qui
s’installera le moment venu. Pour l’instant, votre tout-petit joue avec son corps. Et puisqu’il réussit à maîtriser
ses selles, pourquoi ne pourrait-il pas maîtriser les adultes qui l’entourent ? C’est ce qu’il essaye de faire en
répondant « non » à tout ce que vous lui demandez. « Alors que, pendant la période orale, l’enfant était
totalement indépendant de ses parents, là, il découvre qu’il peut s’opposer à l’adulte, le faire céder par la
violence », analyse Michelle Rouyer. Il inaugure un mode de relation qui sera présent plus tard dans la relation
amoureuse : l’agressivité. Faut-il s’en inquiéter ? En vérité, sexualité et agressivité ne font pas forcément mauvais
ménage. « Lors d’une sollicitation sexuelle, notre agressivité sert à dire notre accord ou notre refus. L’absence
d’agressivité pour se définir sexuellement peut se révéler préoccupante : on ne protège rien de son territoire de
vie, on s’offre aux autres tel un jouet passif », avertit Jean-Yves Hayez. En revanche, trop d’agressivité peut être
novice si elle est utilisée pour mettre l’autre sous emprise. Concrètement, il vous faut essayer de canaliser les
impulsions dominatrices de votre enfant, de faire pencher la balance du côté du don et de la générosité, quand il
est tenté par le côté de la manipulation. Comment ? En tenant sur les interdits posés, malgré ses colères. En lui
proposant face à ces mêmes colères une large palette de réactions : le flegme, la douceur, la plaisanterie... Il
comprendra qu’il n’existe pas un mode unique de communication entre les êtres.
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Lui apprendre l’intimité
À 3-4 ans, votre enfant entre dans le vif du sujet : son sexe commence à l’intéresser directement et il
n’hésite pas à le toucher pour satisfaire sa curiosité. Et pour se faire du bien, car les sensations sont au
rendez-vous. « À cet âge, le jeune enfant joue avec son sexe de manière récréative. Avant de s’endormir, dans le
bain, en regardant la télé, c’est comme une petite berceuse », remarque Jean-Yves Hayez. Souvent aussi, il parade
tout nu devant la famille, en attente d’une réaction. Comment réagir ? Pas question de disputer votre jeune
exhibitionniste. « Ne lui demandez pas de se cacher, car il n’y a rien de honteux. Mais de trouver un endroit
intime où il sera seul pour le faire », propose Jean-Yves Hayez.
Respecter ses théories sexuelles
Toujours vers 3-4 ans, votre enfant risque de vous étonner par les théories qu’il invente sur la façon de
fabriquer les bébés ou de les faire naître ! Il pourra vous affirmer que les « petites graines » du papa et de la
maman se « rencontrent » pendant un baiser, ou bien que les bébés sortent par le nombril. « Le jeune enfant a
besoin de se protéger de l’idée que se parents ont fait l’amour pour le concevoir et que les bébés naissent par un
orifice proche de l’anus et donc du caca. Il préfère fuir ces réalités pour l’instant dérangeantes et se réfugier dans
son imaginaire », explique le spécialiste.
Bien sûr, s’il vous pose des questions, vous en profiterez pour rétablir la vérité, tout en douceur, avec
des mots qu’il peut comprendre. Puis vers 5 ou 6 ans, vous pourrez employer des termes scientifiques,
commencer à lui parler des spermatozoïdes et des ovules, du vagin de la petite fille.
Devenir moins charnel quand il grandit
Entre 4 et 7 ans, avis de tempête ! Œdipe, vous avez dit œdipe ? Le plus souvent, les parents ne
connaissent qu’une partie du scénario qui les attend : leur enfant déployant des trésors de séduction vis-à-vis du
parent du sexe opposé, tandis qu’il s’engage dans une franche rivalité avec celui du même sexe. En réalité, cela
n’empêche pas une autre dimension : l’identification au parent du même sexe. Du coup, votre enfant vous inflige
des revirements à 180 degrés, se complaisant dans le jeu du « je t’aime, moi non plus ».
Hostilité, haine, amour fou, culpabilité, frustration, il passe en revue toute la gamme des sentiments
exacerbés. De quoi le secouer ! A vous de calmer le jeu. Comment ? En optant pour la bonne distance. « A cette
période tumultueuse, les parents sont invités à se montrer moins charnels dans leurs signes d’amour. Ils peuvent
les remplacer par des gestes de tendresse plus discrets, par des paroles », incite Jean-Yves Hayez.
« Cette prise de distance physique fera comprendre à l’enfant que ses parents
renoncent à l’illusion de le posséder, qu’ils acceptent que ses désirs se déplacent en
dehors d’eux, vers le monde social et qu’ils l’y encouragent tout en douceur »,
conclut le spécialiste.
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02-06-besoin de bouger

Courir, sauter, grimper… bouger ! Le mouvement permet aux enfants de se sentir bien, de se libérer de leurs tensions, d’exprimer ce qu’ils ressentent. Les activités corporelles représentent aussi une aide précieuse pour tous les apprentissages intellectuels. Explication de Suzanne B. Robert-Ouvray, psychothérapeute.

Pourquoi un petit enfant a-t-il autant besoin de bouger ?

Suzanne B. Robert-Ouvray : Un enfant de 2 à 6 ans a du mal à gérer ses émotions, à leur donner un sens et surtout à freiner ses impulsions. Alors il utilise soncorps pour manifester tout ce qu’il ressent à l’intérieur de lui. Quand il est content, par exemple, il saute littéralement de joie ! 

En grandissant, l’enfant va peu à peu intérioriser ses émotions et de moins en moins utiliser son corps pour les exprimer. Au fur et à mesure qu’il pourra mettre des mots et des images sur ce qui se passe en lui, c’est-à-dire intellectualiser et “mentaliser”, il aura de moins en moins besoin d’avoir recours à cette expression corporelle. Le mouvement va de plus en plus céder la place à la pensée.

Le mouvement permet-il à un petit d’évacuer les tensions ?

Suzanne B. Robert-Ouvray : C’est certain. On peut même dire que l’activité physique et les exercices corporels que les jeunes enfants font à l’école ou à la maison s’apparentent à de la relaxation

On pense souvent que relaxation doit rimer avec le fait de se mettre au calme, de se retourner vers soi. Ce n’est pas forcément vrai chez les petits. Bouger leur apporte une détente musculaire et une saine fatigue, tout à fait relaxantes et libératrices des tensions.

Pourquoi est-il essentiel d’offrir à son enfant l’occasion de bouger ?

Suzanne B. Robert-Ouvray : Un jeune enfant, que l’on oblige à devenir calme trop tôt, est en souffrance. Au lieu de se construire, en s’ouvrant sur le monde avec curiosité, sa pensée va s’étioler. Quand un enfant réfléchit dans la tension physique, il s’oriente vers des pensées négatives et même des fantasmes de violence. 

Avant 6 ans, il est donc important qu’un enfant puisse courir, grimper, sauter, jouer avec de la terre, tirer dans un ballon… Cela suppose évidemment que ses parents organisent pour lui ces moments de plein air. Et aussi, qu’ils le laissent prendre des initiatives, éventuellement même de petits risques, sans trop le brider. 

Des études ont montré que chaque fois qu’un enfant imagine une stratégie pour surmonter un risque, il développe son cerveau préfrontal, celui des découvertes et des inventions ! Quand les parents peuvent participer avec lui à ces jeux physiques et corporels, c’est évidemment l’idéal : l’enfant en tirera la leçon qu’une partie de ballon ne sert pas qu’à se défouler ou à passer le temps mais procure aussi le plaisir de la rencontre

 

À l’école, les enfants ont beaucoup d’activités corporelles. Sont-elles une aide pour les apprentissages intellectuels?

Suzanne B. Robert-Ouvray : Le petit élève de maternelle doit commencer à se familiariser avec un certain nombre de notions très abstraites (les lignes droites, les courbes, etc.) qui lui permettront ensuite d’aborder, dans de bonnes conditions, les apprentissages de l’école élémentaire

S’il a la possibilité de pouvoir ressentir dans son corps toutes ces notions, il aura plus de facilité ensuite à les théoriser. Un exemple : quand il passe “sous” un banc ou “sur” un banc, il expérimente les concepts de “dessus” et de “dessous”, très utiles pour organiser l’espace, appréhender l’agencement d’une page de livre. Ou bien, quand il se met en boule pour faire une roulade puis se détend de tout son long pour ramper dans un tunnel, il vit physiquement les notions de courbes et de droites. 

Encore faut-il bien sûr qu’un adulte soit à ses côtés pour mettre des mots sur ses gestes et lui dire :“Quand tu te mets en rond, tu prends la forme d’une courbe.”

Faire avec ses mains, qu’est-ce que cela apporte?

Suzanne B. Robert-Ouvray : Beaucoup de choses ! Quand un enfant fait de lapeinture, mélange du bleu et du rouge et découvre qu’il obtient du violet, que se passe-t-il ? L’expérimentation très concrète du concept abstrait d’addition : la somme de deux termes en donne un troisième, différent. Ce n’est pas rien de le vivre de manière tangible, avec son corps. C’est très fort ! 

Et quand il manipule des petites voitures, range d’un côté les rouges, de l’autre côté les bleues, il fait des catégories : or, tout processus de pensée commence par ladifférenciation, la sériation

Quand il découpe ou enfile des perles, il développe sa motricité fine et rend plus habiles ses dix doigts, ceux-là mêmes qui devront manier le stylo pour écrire. Autant d’expérimentations corporelles que ne permettent pas, par exemple, les jeux vidéo ou la télé !

Bouger et manipuler est-il plus favorable au développement d’un enfant que la pratique des écrans ?

Suzanne B. Robert-Ouvray : C’est évident ! Face à un jeu vidéo, un enfant est dans une logique bipolaire : avec sa souris ou sa manette de jeu, il doit se diriger en haut ou en bas, à gauche ou à droite. Et ce faisant, il ne développe pas ses capacités à penser de manière complexe, beaucoup moins, en tout cas, que lorsqu’il construit une tour en cubes de ses mains et cherche une solution pour la faire tenir debout !

De plus, quand il joue devant son écran, il est dans une ultraconcentration, une ultravigilance : il est statique et dans une extrême tension corporelle. Cet enfant-là est une vraie bombe à retardement !

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03-06-L'enfant maladroit

Il se cogne, a du mal à s’habiller, n’arrive pas à shooter dans un ballon… Décidément, vous trouvez que votre petit n’est pas très dégourdi ! Alors, que faire pour l’aider à progresser ? Y a-t-il des raisons de s’inquiéter ? Explications et conseils d’Alexandrine Saint-Cast, psychomotricienne.

A quoi est due la maladresse d’un enfant ?

Alexandrine Saint-Cast : En premier lieu, je trouve important de parler de manque d'épanouissement corporel plutôt que de maladresse. 

Ensuite, le développement moteur varie beaucoup d'un enfant à un autre. Le repère des âges est certes important, il ne faut pas non plus se focaliser dessus. Il faut garder à l'esprit que tout apprentissage moteur demande du temps, de l'entraînement, la maîtrise de son corps et un bon repérage dans l'espace et dans le temps. 

Un enfant aura notamment les bons gestes lorsque sa force musculaire sera adaptée. Mais si un certain nombre d'enfants sont perdus dans l'espace, dans le temps, dans leur corps, c'est qu'on leur demande trop de choses, trop vite. 

Actuellement, un phénomène a aussi tendance à se généraliser : de plus en plus d'enfants sont laissés en poussette jusqu'à 4, voire 5 ans. Or, un enfant qui reste en poussette devient passif. Il n'apprend pas à utiliser son corps, il développe moins vite son équilibre, sa musculature

D'où, parfois, ce manque d'épanouissement corporel. Et puis, l'intérêt de marcher, et de marcher longtemps, c'est d'apprendre le goût de l'effort continu !

Comment aider son enfant à pallier les difficultés qu’il peut rencontrer ?

A. S.-C. : Avant toute chose, on évite de dire à son enfant qu'il est maladroit et d'en parler devant d'autres adultes. On évite également de faire à sa place. Entre 3 et 6 ans, un enfant est encore en train d'apprendre, il faut donc lui laisser du temps, le laisser faire, refaire et, si besoin, lui réexpliquer les choses. 

Ensuite, si l'on sent qu'il n'est pas très à l'aise dans un domaine ou un autre, on peut essayer de l'y exercer, en gardant à l'esprit que cela doit rester ludique : on instaure des petits jeux ou des comptines au moment de l'habillage ou du bain afin de lui apprendre les différentes parties du corps, lui permettre de repérer le haut, le bas, le devant, le derrière en utilisant ce vocabulaire au quotidien. 

Les activités favorisant la marche, la course, le saut, les activités de motricité finescomme le bricolage, le vélo, les jeux de ballon… tout ceci participe également d'un bondéveloppement. L'important reste de favoriser l'épanouissement gestuel et moteur de son enfant sans jamais occulter la dimension affective et émotionnelle.

 

A quoi sert un bilan psychomoteur ?

 

Alexandrine Saint-Cast : Si les parents ont le sentiment que leur enfant ne profite pas complètement des activités du quotidien ou qu'il n'est pas complètementépanoui dans son expression corporelle, il ne faut pas hésiter à en parler au médecin

En général, c'est l'accumulation de signes qui peut être ennuyeuse : l'enfant déchire ses dessins, n'arrive pas à jouer au ballon comme les autres, n'arrive pas à faire du vélo, est ronchon, pleure en arrivant à l'école. Dans ce cas et après avis médical, un bilan psychomoteur pourra être prescrit.

Le bilan psychomoteur permet de renseigner sur le niveau dedéveloppement de l'enfant : on compare ce qu'il est capable de faire avec ce que font les autres enfants du même âge(c'est-à-dire ce qu'on appelle “la norme”). On se penche également sur le vécu de l'enfant, sur le rôle de son émotivité, afin de voir s'ils peuvent être liés à une gêne quant à la manière dont l'enfant se perçoit et se situe dans son environnement

Au final, mieux vaut une consultationpour rien plutôt que de passer à côté de quelque chose de plus sérieux.

On entend parfois parler de dyspraxie. Qu’est-ce donc ?

 

A. S.-C. : La dyspraxie est un trouble net qui touche les différentes composantes dugeste. Elle peut par exemple être liée à des difficultés à se représenter mentalement le geste, à un ajustement moteur… 

C'est un diagnostic très particulier, que l'on ne peut en général pas poser avant l'âge de6 ans. Les vrais dyspraxiques restent rares.

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03-L'amour

Clerget: Vous pensiez être tranquille jusqu’à l’adolescence… Et voilà que votre enfant vous confie qu’il est amoureux ! Quelle est la nature de ses sentiments ? Est-ce une étape de son développement ? Et surtout, faut-il s’en mêler ? Nos spécialistes répondent.

Il est amoureux, il va falloir vous faire une raison !

Vous étiez habituée à être l’unique objet d’amour de votre enfant et, désormais, il ne vous parle plus que de l’élu(e) de son cœur… N’est-il pas un peu jeune pour débuter sa vie sentimentale ? Ne confond-t-il pas amour et amitié ? Pourtant, si vos interrogations sont tout à fait naturelles, ses sentiments ne font pas l’ombre d’un doute. Ils traduisent l’attachement exclusif qu’il ressent, confirme Dana Castro, psychologue clinicienne : «Un enfant tombe amoureux dans le sens où il va vouloir passer du temps avec un autre, jouer avec lui et créer une intimité. Il s’agit bien là d’une relation différente de l’amitié.» 
 

La maternelle, l’âge d’or des premières amours…

A partir de quel âge un enfant est-il susceptible de tomber amoureux ? Pour Stéphane Clerget, pédopsychiatre, la racine de ce sentiment remonte aux premiers mois de la vie : «L’attachement du nouveau-né envers la personne qui s’occupe le plus de lui, son père ou sa mère, peut être interprété comme une forme primitive de ce sentiment».

Dans les faits, il y a peu de chances pour que votre enfant soit amoureux, ou du moins vous en fasse part, avant son entrée à l’école maternelle, vers 3 ans. Il lui faut d’abord régler le complexe d’Œdipe, une attirance pour le parent de sexe opposé qui se manifeste généralement entre 3 et 5 ans et qui organise ses émotions affectives. L’étape du premier amoureux fait donc bel et bien partie du développement du jeune enfant qui n’est ni en avance ni une exception. La psychologue Dana Castro y voit même un signe de maturité affective : «Un enfant amoureux montre qu’il peut s’investir émotionnellement en dehors de la maison et qu’il est sensible à la relation avec l’autre.»
 

Un sentiment puissant

Qu’en est-il de l’intensité de ces sentiments ? Les enfants sont-ils capables de ressentir un amour comparable à celui que nous connaissons à l’adolescence, puis adulte ? Si dans l’intensité, ces amours d’enfance sont semblables à ceux que nous vivons en tant qu’adultes, ils se différencient par l’absence de désir et de projection. 

«Un enfant amoureux est capable d’aimer intensément et peut être sensible aux symptômes amoureux comme nous. En revanche, il n’aime pas avec la même maturité affective et sexuelle qu’un adulte et n’a pas la même capacité d’élaboration. Il ne va pas ressentir d’inquiétude liée à l’évolution de son amour car il ne se projette pas», analyse Stéphane Clerget. Un amour vécu au moment présent, loin des angoisses amoureuses qu’il connaîtra certainement dans quelques années…

Ce n’est pas obligatoire

Etape du développement, la découverte des sentiments amoureux n’est, en revanche, pas un passage obligé. Si votre tout-petit semble plus intéressé par ses camarades de jeux, inutile de vous inquiéter ! « Certains enfants vont préférer rester avec des copains du même sexe qu’eux et s’investir davantage dans des relations amicales. Cela n’a rien d’anormal», rassure Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne.


Si votre enfant reste silencieux à ce sujet, il est aussi possible qu’il n’ait pas conscience des sentiments qu’il ressent. Ils ne sont pas si faciles à identifier, à mi-chemin entre l’amour et l’amitié : «Un enfant qui n’a pas d’amoureux peut avoir des attachements forts vis-à-vis de ses camarades, sans ressentir un lien exclusif et profond pour l’un d’eux, ou du moins ne pas en avoir conscience. Ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas les mots qu’il n’a pas les sentiments, et inversement», prévient Stéphane Clerget.

 

Comment y voir plus clair dans ce flou sentimental ? En attendant que votre enfant vous en parle. Si votre petit garçon ou votre petite fille n’a pas envie de satisfaire votre curiosité, respectez son jardin secret : «Je trouve cela plutôt sain lorsque des enfants n’ont pas envie de parler de leurs éventuels amoureux. Ils ont compris qu’il y a des choses qui ne regardent qu’eux et qu’ils ne sont pas obligés de les partager avec tout le monde. C’est une preuve de maturité», analyse Béatrice Copper-Royer.

 

Page suivante : Vers 6-7 ans, des amours plus discrets

 

 

A 6-7 ans, les apprentissages priment…

Vers 6 ou 7 ans, votre enfant découvre la pudeur, physique et affective, ses amours se font plus discrets : «A cet âge, ils sont accaparés par les apprentissages qui prennent toute leur énergie. Leurs préoccupations ne sont plus amoureuses. Cela réapparaîtra à partir du CE2, surtoutchez les filles», note la psychologue Béatrice Copper-Royer.

 

Il arrive aussi que cette pause émotionnelle n’intervienne pas et que l’amour résiste au temps qui passe, souvent au grand étonnement des parents : «Depuis la maternelle, Léana est amoureuse de Karl. Elle m’en parle beaucoup et elle se projette déjà : ils habiteront à Paris et auront deux enfants», explique Sabrina, maman de Léana, 7 ans. Des confidences parfois désarmantes de certitude… à accueillir avec de la mesure, sans jamais dénigrer les sentiments de son enfant. Sabrina a trouvé ce juste équilibre entre écoute et distance : «Quand Léana me parle de Karl, je la mets en garde en lui disant qu’elle ne se mariera peut-être pas avec lui, mais je la laisse aussi un peu rêver car cela ne tourne pas à l’obsession. Parfois, elle accepte d’être l’amoureuse d’un autre garçon pendant quelque temps, même si elle revient rapidement vers Karl car les autres ne sont jamais assez bien…»

L'apprentissage du chagrin aussi

Qui dit histoire d’amour dit parfois peine de cœur. Une déconvenue qui peut être douloureuse pour votre enfant, surtout s’il s’agit d’un amour de longue date. Pour l’aider à surmonter sa peine, il est essentiel que vous la reconnaissiez sans la dévaloriser : «En tant qu’adulte, vous n’aimeriez pas entendre que ce n’est pas grave et que vous allez retrouver un(e) amoureux/se, votre enfant non plus. Il a besoin d’être rassuré et entouré», conseille Stéphane Clerget.

 

«Pour l’aider à faire face à son chagrin, vous pouvez prendre exemple sur des histoires que vous avez vécues. Comprendre qu’il n’est pas le seul à ressentir cela peut le rassurer», ajoute Dana Castro. Un chagrin d’amour douloureux, mais qui n’est pas toujours qu’une mauvaise expérience. En prenant conscience que les autres ne l’aimeront pas toujours forcément en retour, votre enfant grandit : «A travers ces frustrations, l’enfant va prendre conscience qu’il n’est pas tout puissant. Une déconvenue amoureuse ou amicale, si elle est bien accompagnée par les parents, lui permettra de vivre plus facilement les déceptions de sa vie future»,  explique Stéphane Clerget.


Le premier amoureux donnerait-il le ton de notre future vie sentimentale ? Heureusement, non ! «Les premières expériences amoureuses sont importantes, mais il ne faut pas leur donner plus de poids qu’elles n’en ont. Les deuxième et troisième histoires d’amour en auront aussi, quel que soit l’âge auquel elles arrivent. Une mauvaise expérience peut se rattraper avec les suivantes et inversement», rassure le spécialiste.

 

Seule certitude concernant les amours d’enfance : leur empreinte sur notre mémoire émotionnelle et affective : «Ce premier amoureux nous marque car c’est la première personne qui nous détourne de l’amour que nous portons à nos parents», conclut Béatrice Copper-Royer. Une raison de plus de le prendre au sérieux.

 

Le 5 avril 2014 
Stéphanie Letellier
© Enfant magazine

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00-12-Approche de l'enfance-Panorama

Tableau récapitulatif tiré de:  "Les âges de la vie -psychologie du développement humain- ", Helen Bee et Denis Boyd, adaptation de Francois Gosselin. Ed. Pearson/ Éditions du Renouveau Pédagogique Inc. (ERPI).
Complété par: Jeux d'éveil, J. CHOQUE

Développement physique:

2 ans

Court facilement, saute sure ces deux pieds, danse et grimpe.

Monte les marches une à la fois

3 ans

Pédale sur un tricycle, lance un balle, coure.

Coupe et dessine

4

Monte les marche une aprés l'autre, marche sur la pointe des pieds, saute sur un pied, tien en équilibre, coordination fine.

Lance un gros ballon au pieds ou à la main

5

Saute sautille, attrape une balle avec les mains, s'accroupit sans appui, saute à la corde; peut reproduire des rythmes simples.

Jeux d'adresse

6

notion des distances; attrape une balle d'une main et peu la lancer fort; dissocie bras et jambes, acquisition du schémas corporel.

Monte en bicyclette

7

Bicyclette à deux roue


8

Virtuose de la bicyclette


9

Debut de la puberté chez certaines filles


10



11

Début de la puberté chez certains garçons



Développement cognitif:

2

Utilisation des symboles

Séquences de jeu en deux ou trois étapes

Phrases de deux mots

3

Classification par fonction

Conscience de l’altérite

Phrase de 4 mots et flexions grammaticales

4

Classification par forme

Notion de fausse impression

Amélioration grammaticale

5

Maitrise des conservations



6

Stratégies de résolution



7




8

Maitrise du poids



11

Maitrise du volume



Le psychologue suisse Jean Piaget a longuement travaillé autour de cette question. Il distinguait dans un
ouvrage datant de 1932 ( « Le jugement moral chez l’enfant ») trois stades dans l’élaboration des
capacités de jugement moral qui progressent avec le développement cognitif. Ainsi, l’enfant adhère-t-il
tout d’abord à ce que Piaget appèle la morale hétéronome qui ne dépasse pas la soumission passive aux
règles de l’adulte, sans qu’il n’y ait encore vraiment perception de l’intérêt, ni de l’utilité de celles-ci. Ce
n’est que progressivement qu’advient la morale dite de la coopération et de la réciprocité qui s’appuie sur
la compréhension des raisons des règles imposées et de l’utilité de leur application dans une perspective
de respect mutuel. Si on veut pouvoir bénéficier de la bienveillance ou de garantie dans l’attitude des
autres à son égard, on doit agir de même à leur encontre. Enfin, intervient la morale autonome qui
permet d’intérioriser les valeurs et de les modifier en fonction de circonstances particulières. Ce n’est
plus sous la contrainte, mais à partir de son propre jugement que l’on décide d’adopter tel ou tel
comportement.

Développement social:

2

Se compare

Identité sexuelle

Diminution de l'attachement

Accepte de jouer à tour de rôle

Agressivité physique

3

capable de jouer avec un partenaire (avec des règles simples)

Exploration


Choix de ses camarades.


4




Amitié individuelle


5

Mesure ses habilités



Négocie avec ses parents

Jeu socio-dramatique

6

Mesure ses Qualités

Constance du genre


Amitié durable

Jeux de rôle

7


Estime de soi


Amitié basée la confiance réciproque


8






9





Relativisme moral

__________________________


Approche de l'enfance

Bien comprendre ou se situe un enfant dans son évolution permet de comprendre ses besoins.

Connaissance du public (travail en cours)

Introduction

1. deux temps l'enfant et l'adulte

Le principe d'une action pédagogique est d'accompagner chaque enfant vers ce qu'il sera demain. L'animateur doit pour cela situer l'enfant et aménager un environnement favorisant son cheminement.

Il y a autant de parcours de l'enfance à l'adulte qu'il y a d'individus. Cependant, certaines phases semblent incontournables. En accumulant les expériences et les observations, chacun de nous peut composer un schéma global de ces phases du développement. De nombreuses disciplines se sont penchées sur le développement des individus. Nous disposons donc d'observations et d'expérimentations de différentes natures. En regroupant ces informations, nous pouvons esquisser un plan (une topographie) permettant de situer et faciliter le cheminement de l'enfant vers ce qu'il sera demain.

L'action pédagogique d'un animateur consiste à proposer et à aménager des étapes de développement. Alors, les animations proposées viseront à faciliter le passage d'une étape à une autre. La réussite d'une animation tient souvent de l'adaptation de celle-ci à la situation de l'enfant. Ainsi la pertinence d'une animation tient de la correspondance des étapes retenues par l'animateur à la situation de l'enfant (où en suis-je ?) et à ses préoccupations (où vais-je ?). Donc l'animateur détermine son action en fonction des idées qu'il se fait au sujet de ce que « doit » vivre un enfant physiquement (un enfant doit avoir une activité physique) et moralement (un enfant doit jouer avec des camarades) pour se développer harmonieusement.

Je vous propose de survoler une dimension de l'enfance qui concerne particulièrement l'animation socioéducative : la relation. Bien sûr, les autres dimensions doivent faire l'objet de toute votre attention. Le développement physique est fondamental comme, par ailleurs, le développement des connaissances. Mais ces autres aspects sont abordés par l'école.
Retenons cette question : «  comment se comporte un individu quand il entre en relation ? »

Voici, donc -enfin-, mon exposé construit à partir de deux temps (le temps de la petite enfance et le temps de l'adulte) et décrivant l'évolution de l'enfance en trois mouvements (intérieur, intime, social).


2. Trois parcours

Une relation suppose un interlocuteur, quelqu'un avec qui la relation se construit. Je propose de regrouper tous les interlocuteurs de l'enfant « imaginables » en trois catégories.

  1. L'enfant lui-même (nous y reviendrons)
  2. Les proches de l'enfant (ceux à qui il peut s'identifier, ou supposer que leur sort est comparable)
  3. Le monde (ce qui s'impose à l'enfant, la société, l'autorité extérieure, la foule qui n'est pas lui, un public)

Tableau synaptique


L'enfant lui-même

L'enfant parmi ses pairs

L'enfant, au monde.


Psychologie

Psycho-Socio

Sociologie





De 0 à 20 mois




sensori-moteur

soliloque

Imitation immédiate

Expérimente et Explore afin de mettre de déterminer les gestes et outils.

Affectivité


Impulsivité


De 2 à 7 ans


Apparition du langage

Apparition de la marche



Diversification des relations avec l'entourage

Objectivation


Élaboration de « soi »



Fonction symbolique

L'enfant « se » représente des évènements ou des objets en leurs absences.

Mise en place de jeux d'imitation différée.



Activité d’intériorisation.



3 ans (opposition)


Affirmation de « soi », usage du « non », « je », « moi », « le mien ».

Trie, classe, les objets selon leurs qualités et leurs formes.



L'enfant assimile les caractéristiques et les comportements de ses proches


4 ans

Peu distinguer ses comportements, quand je suis gentil/quand je suis méchant.

L'enfant projette sur les objets et sur les animaux ses caractéristiques.

Le monde s'explique par des schémas propres à l'enfant.

(d'où vient la neige?)


Il éprouve un malaise face à ses incongruités.

Il se compare à ses proches.

Compare une chose à une autre.




Intégration du réel comme répondant à des règles distinctes.

Socialisation


Change de « groupe » selon la situation.

Comprends le contexte

5 ans



Assume un rôle social (le métier d'élève)

De 7 à 11 ans








Opération concrète












De 11 à 15 ans




Opération formelle

















Bibliographie :


« Fichier jeux et activités petite enfance », FRANCAS, 1999.

02-04-Approche de l'enfance

Article reprennant la page 148 "résumé" du chapitre "Préscolaire": "Les âges de la vie -psychologie du développement humain- ", Helen Bee et Denis Boyd, adaptation de Francois Gosselin. Ed. Pearson/ Éditions du Renouveau Pédagogique Inc. (ERPI).

Le développement physique

  • Le développement physique est plus lent chez l'enfant de deux à six ans que chez le nourrisson. La myélinisation de la formation réticulée, qui régularise l'attention et la concentration, et de l'hippocampe, qui contribue au transfert de l'information de la mémoire à court terme à a mémoire à long terme, améliore les capacités cognitives de l'enfant. Les capacités mortrices continuent de se développer grahuellement. Enfin, la prédominance de la main droite ou de la main gauche est associée à la latéralisation du cerveau.
  • Les enfants d'âge préscolaire contractent de quatre à six maladies aiguës par année. Heureusement, les maladies chroniques sont moins répandues. Les troubles respiratoires sont la première cause d'hospitalisation, et les accidents, la principale cause de décès.
  • Les conséquences à court terme et à long terme de la maltraitance et de la négligence touchent tous les aspects du développement humain. Certaines caractéristiques des parents et de l'enfant lui-même augmentent les risques de maltraitance et de négligence.

Le développement cognitif

  • Selon Piaget, la période préopératoire commence entre 18 et 24 mois, au moment où l'enfant commence à utiliser la fonction symbolique (ou représentation mentale). La période préopératoire se divise en deux stades: 
  1. La pensée symbolique se caractérise par les préconcepts, l'égocentrisme intellectuel, le raisonnement transductif et la pensée animiste.
  1. La pensée intuitive se caractérise par l'intuition, la centration sur les aspects perceptifs et les précatégories.
  • Les recherches ont ouvert de nouvelles perspectives sur la période préopératoire en démontrant que l'enfant de quatre ou cinq ans s'est déjà élaboré une théorie de l'esprit. Ces recherches s'articulent autour de la conscience du point de vue d'autruie, de la distinction entre apparence et réalité et du principe de fausse croyance.

Le développement du langage

  • Le mappage rapide, c'est-à-dire la capacité de mettre promptement en correspondance une étiquette verbale (le mot) et son référent (ce à quoi renvoie le mot), permet à l'enfant d'âge périscolaire d'apprendre de nouveaux mots à une vitesse prodigieuse.
  • L'explosion de la grammaire entre 27 et 36 mois est marquée par la surgénéraisation, qui fait que l'enfant applique un règle génénrale à des formes irrégulières, et par la surdiscrimination, par laquelle l'enfant restreint le sens d'un terme général à une seule chose. Les phrases complexes entre 36 et 48 mois, permettent l'ajout de conjonctions.

Elements bibliographique du documentaire "du bébé au baiser", produit par "Mona Lisa", réalisé par Thierry Berrod , diffusé sur arte le 17 janvier 2013 à 21h48.

Laboratoire de Psychologie et NeuroCognition (LPNC)

Kaminski Gwenaël,
UMR5105 CNRS/Université Grenoble 2/Université Chambery
Université Pierre Mendes France Grenoble 2

INSERM

Marie-Josèphe CHALLAMEL,

centre d’exploration neurologique, centre hospi-

talier Lyon-Sud

http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/cfes/sante/enfant.php

Centre Européen des sciences du goût

Monnery-Patris S.

http://www2.dijon.inra.fr/csga/index.php

Monnery-Patris S., Schaal B., Le développement de l'olfaction au-delà de la prime enfance, 60-70. (Aspects sensoriels de l’alimentation de l’enfant. Textes rassemblés par V Boggio et B Schaal.

Médecine et enfance, Hors-série, volume 30, décembre 2010. )

http://www.opaline-dijon.fr/site_fr/doc/

Institut de recherche du toucher, USA

le toucher (Tiffany field, Institu de recherche du toucher, USA)

Certains massages prodigués à des nourrissons de façon quotidienne pendant plusieurs semaines favoriseraient leur croissance et leur développement. L'expérience de Tiffany Field, directrice de l'Institut du toucher à l'université de Miami, menée sur 96 mères et leurs enfants, aurait induit d'étonnants changements chez ceux-ci après qu'ils furent manipulés selon des instructions précises : une meilleure réaction aux stimuli sensoriels, une plus grande réactivité, une meilleure croissance staturo-pondérale, par rapport aux enfants témoins qui montraient semble-t-il, davantage de signes d'agitation et d'excitabilité.

REFERENCES

T. Field et al., « Massage therapy by parents improves early growth and development », Infant Behaviour and Development, vol. XXVII, n° 12, décembre 2004.

(sciences humaines)

CNRS, Sciences Cognitives.

Anne Christophe

http://www.lscp.net/

Le Laboratoire de Sciences Cognitives et Psycholinguistique (LSCP) est une unité de recherche mixte de l'EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales), l'ENS (Ecole Normale Supérieure), et du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) (UMR 8554). Notre laboratoire est situé à Paris dans le Département d'Etudes Cognitives (DEC) de l'Ecole Normale Supérieure.


Tous les bébés pleurent dans leur langue maternelle

Les bébés français et allemands ne crient pas dans la même langue ! Quelques jours après leur naissance, les bébés français crient du grave à l’aigu, les bébés allemands de l’aigu au grave. Ce faisant, ils suivent l’inflexion de leur langue maternelle.
Dans les années 1990, des recherches avaient montré que dès le stade fœtal, le bébé entend et reconnaît la langue maternelle et la distingue d’une autre langue. Mais ce que l’on vient de découvrir est que le nourrisson ne se contente pas de distinguer la tonalité de sa langue maternelle, il l’a déjà intégrée dans sa propre façon de s’exprimer : les cris et les pleurs. On peut entendre les cris des bébés français et allemands sur le site de la BBC. 

Birgit Mampe, Angela Friederici, Anne Christophe et Kathleen Wermke, « Newborns’ cry melody is shaped by their native language », Current Biology, 5 novembre 2009.

(sciences humaines)

CNRS, centre émotion.

Jaqueline Nadèle,

http://www.centre-emotion.upmc.fr/spip.php?article99


03-L'amour

Clerget: Vous pensiez être tranquille jusqu’à l’adolescence… Et voilà que votre enfant vous confie qu’il est amoureux ! Quelle est la nature de ses sentiments ? Est-ce une étape de son développement ? Et surtout, faut-il s’en mêler ? Nos spécialistes répondent.

Il est amoureux, il va falloir vous faire une raison !

Vous étiez habituée à être l’unique objet d’amour de votre enfant et, désormais, il ne vous parle plus que de l’élu(e) de son cœur… N’est-il pas un peu jeune pour débuter sa vie sentimentale ? Ne confond-t-il pas amour et amitié ? Pourtant, si vos interrogations sont tout à fait naturelles, ses sentiments ne font pas l’ombre d’un doute. Ils traduisent l’attachement exclusif qu’il ressent, confirme Dana Castro, psychologue clinicienne : «Un enfant tombe amoureux dans le sens où il va vouloir passer du temps avec un autre, jouer avec lui et créer une intimité. Il s’agit bien là d’une relation différente de l’amitié.» 
 

La maternelle, l’âge d’or des premières amours…

A partir de quel âge un enfant est-il susceptible de tomber amoureux ? Pour Stéphane Clerget, pédopsychiatre, la racine de ce sentiment remonte aux premiers mois de la vie : «L’attachement du nouveau-né envers la personne qui s’occupe le plus de lui, son père ou sa mère, peut être interprété comme une forme primitive de ce sentiment».

Dans les faits, il y a peu de chances pour que votre enfant soit amoureux, ou du moins vous en fasse part, avant son entrée à l’école maternelle, vers 3 ans. Il lui faut d’abord régler le complexe d’Œdipe, une attirance pour le parent de sexe opposé qui se manifeste généralement entre 3 et 5 ans et qui organise ses émotions affectives. L’étape du premier amoureux fait donc bel et bien partie du développement du jeune enfant qui n’est ni en avance ni une exception. La psychologue Dana Castro y voit même un signe de maturité affective : «Un enfant amoureux montre qu’il peut s’investir émotionnellement en dehors de la maison et qu’il est sensible à la relation avec l’autre.»
 

Un sentiment puissant

Qu’en est-il de l’intensité de ces sentiments ? Les enfants sont-ils capables de ressentir un amour comparable à celui que nous connaissons à l’adolescence, puis adulte ? Si dans l’intensité, ces amours d’enfance sont semblables à ceux que nous vivons en tant qu’adultes, ils se différencient par l’absence de désir et de projection. 

«Un enfant amoureux est capable d’aimer intensément et peut être sensible aux symptômes amoureux comme nous. En revanche, il n’aime pas avec la même maturité affective et sexuelle qu’un adulte et n’a pas la même capacité d’élaboration. Il ne va pas ressentir d’inquiétude liée à l’évolution de son amour car il ne se projette pas», analyse Stéphane Clerget. Un amour vécu au moment présent, loin des angoisses amoureuses qu’il connaîtra certainement dans quelques années…

Ce n’est pas obligatoire

Etape du développement, la découverte des sentiments amoureux n’est, en revanche, pas un passage obligé. Si votre tout-petit semble plus intéressé par ses camarades de jeux, inutile de vous inquiéter ! « Certains enfants vont préférer rester avec des copains du même sexe qu’eux et s’investir davantage dans des relations amicales. Cela n’a rien d’anormal», rassure Béatrice Copper-Royer, psychologue clinicienne.


Si votre enfant reste silencieux à ce sujet, il est aussi possible qu’il n’ait pas conscience des sentiments qu’il ressent. Ils ne sont pas si faciles à identifier, à mi-chemin entre l’amour et l’amitié : «Un enfant qui n’a pas d’amoureux peut avoir des attachements forts vis-à-vis de ses camarades, sans ressentir un lien exclusif et profond pour l’un d’eux, ou du moins ne pas en avoir conscience. Ce n’est pas parce qu’un enfant n’a pas les mots qu’il n’a pas les sentiments, et inversement», prévient Stéphane Clerget.

 

Comment y voir plus clair dans ce flou sentimental ? En attendant que votre enfant vous en parle. Si votre petit garçon ou votre petite fille n’a pas envie de satisfaire votre curiosité, respectez son jardin secret : «Je trouve cela plutôt sain lorsque des enfants n’ont pas envie de parler de leurs éventuels amoureux. Ils ont compris qu’il y a des choses qui ne regardent qu’eux et qu’ils ne sont pas obligés de les partager avec tout le monde. C’est une preuve de maturité», analyse Béatrice Copper-Royer.

 

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A 6-7 ans, les apprentissages priment…

Vers 6 ou 7 ans, votre enfant découvre la pudeur, physique et affective, ses amours se font plus discrets : «A cet âge, ils sont accaparés par les apprentissages qui prennent toute leur énergie. Leurs préoccupations ne sont plus amoureuses. Cela réapparaîtra à partir du CE2, surtoutchez les filles», note la psychologue Béatrice Copper-Royer.

 

Il arrive aussi que cette pause émotionnelle n’intervienne pas et que l’amour résiste au temps qui passe, souvent au grand étonnement des parents : «Depuis la maternelle, Léana est amoureuse de Karl. Elle m’en parle beaucoup et elle se projette déjà : ils habiteront à Paris et auront deux enfants», explique Sabrina, maman de Léana, 7 ans. Des confidences parfois désarmantes de certitude… à accueillir avec de la mesure, sans jamais dénigrer les sentiments de son enfant. Sabrina a trouvé ce juste équilibre entre écoute et distance : «Quand Léana me parle de Karl, je la mets en garde en lui disant qu’elle ne se mariera peut-être pas avec lui, mais je la laisse aussi un peu rêver car cela ne tourne pas à l’obsession. Parfois, elle accepte d’être l’amoureuse d’un autre garçon pendant quelque temps, même si elle revient rapidement vers Karl car les autres ne sont jamais assez bien…»

L'apprentissage du chagrin aussi

Qui dit histoire d’amour dit parfois peine de cœur. Une déconvenue qui peut être douloureuse pour votre enfant, surtout s’il s’agit d’un amour de longue date. Pour l’aider à surmonter sa peine, il est essentiel que vous la reconnaissiez sans la dévaloriser : «En tant qu’adulte, vous n’aimeriez pas entendre que ce n’est pas grave et que vous allez retrouver un(e) amoureux/se, votre enfant non plus. Il a besoin d’être rassuré et entouré», conseille Stéphane Clerget.

 

«Pour l’aider à faire face à son chagrin, vous pouvez prendre exemple sur des histoires que vous avez vécues. Comprendre qu’il n’est pas le seul à ressentir cela peut le rassurer», ajoute Dana Castro. Un chagrin d’amour douloureux, mais qui n’est pas toujours qu’une mauvaise expérience. En prenant conscience que les autres ne l’aimeront pas toujours forcément en retour, votre enfant grandit : «A travers ces frustrations, l’enfant va prendre conscience qu’il n’est pas tout puissant. Une déconvenue amoureuse ou amicale, si elle est bien accompagnée par les parents, lui permettra de vivre plus facilement les déceptions de sa vie future»,  explique Stéphane Clerget.


Le premier amoureux donnerait-il le ton de notre future vie sentimentale ? Heureusement, non ! «Les premières expériences amoureuses sont importantes, mais il ne faut pas leur donner plus de poids qu’elles n’en ont. Les deuxième et troisième histoires d’amour en auront aussi, quel que soit l’âge auquel elles arrivent. Une mauvaise expérience peut se rattraper avec les suivantes et inversement», rassure le spécialiste.

 

Seule certitude concernant les amours d’enfance : leur empreinte sur notre mémoire émotionnelle et affective : «Ce premier amoureux nous marque car c’est la première personne qui nous détourne de l’amour que nous portons à nos parents», conclut Béatrice Copper-Royer. Une raison de plus de le prendre au sérieux.

 

Le 5 avril 2014 
Stéphanie Letellier
© Enfant magazine


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