(Marianne 2018)

| SAT TT AU: men OL M OL LE CELL 0 CNE UE EE EU CET TS ÉTAT A TER COUT LE TA ELLES TTL CUT EU QE TES d'interroger la mort, comme si celle-là pouvait renseigner nos ados sur la valeur de leur propre vie. À l'origine de ces passages à l'acte, des appels à l'aide, parfois inaudibles et ENT ETES LL EMA CETOTEITOEETEOT US n plein Paris, un adolescent meurt alors qu'il s'adonnait au « trainsurfing », une acrobatie qui consiste à « surfer » sur le toit d'une voiture de métro ou de train, nouvelle lubie qui fait le buzz sur les réseaux sociaux.
Malgré les nombreuses mises en garde de son entourage, le jeune homme avait cru tout maîtriser, tout contrôler. Il a été fauché dans sa seizième année. Décapité. Cela s'est passé le 24 octobre dernier. À Metz, un lycéen, qui se surnomme « Mimiciboulette », se fait remarquer par ses « exploits » relayés sur Twitter. Ascension de la cathédrale en pleine nuit. tractions dans le vide au bout d'une grue, voyage façon hobo sur le toit des bus :i se filme dans la joie, la bonne humeur et la surenchère... Mais, depuis que les réseaux de transports de la ville ont porté plainte et qu'une enquête a été ouverte, « Mimiciboulette » a déclaré regretter son geste et a enjoint à ses fans de ne pas l'imiter.…. Prise de conscience réelle ou rétropédalage en attendant un nouveau défi « risque-tout » ? Le 27 novembre, le jeune homme ne tardait pas à poster une nouvelle provocation funambulesque.…

Le besoin de se faire remarquer, ‘et au fond d'exister, peut faire basculer dans une toute-puissance piégeante et addictive. Rares sont les ados capables de connaître leurs limites et d'identifier cette fameuse ligne rouge à ne pas franchir. « C'est justement dans cette absence de conscience des limites que se nichent Les conduites à risque, insiste la psychiatre Catherine Jousselme (1).
C'est d'abord une affaire d'éducation. L'idée que les jeunes se font du risque tient beaucoup à ce que les parents leur ont transmis. Dans la petite adolescence (10-I4 ans), les enfants vont s'adonner à des jeux dangereux, type “jeu de la tomate”, “jeu du foulard”, “jeu du piment”, mais ne se projettent pas dans le risque. C'est à cette période précisément que la prévention et la sensibilisation jouent un rôle capital. » L'initiation aux dangers de la vie que les parents vont transmettre à leurs ‘enfants est à l'origine de l'image et des contours qu'ils auront d'euxmêmes. Un père ou une mère qui mise à fond sur son gamin de 10 ans inscrit dans un sport de compétition où il peut potentiellement se blesser - comme le ski, le vélo de descente ou le plongeon - et lui disent : « Arrache-toi et décroche cette médaille même si tu dois y laisser quelques plumes », ne devront pas s'étonner si, à 12 ans, leur ado ira sauter une barre rocheuse trop haute pour lui, sans hésiter un quart de seconde. A l'inverse, en pointant le danger, les parents lui envoient un message gratifiant : « Tu as de la valeur à nos yeux donc nous sommes attentifs à ce que tu te préserves. » « Plus on grandit, plus on a conscience du danger objectif que l'on prend. Si, à 14-15 ans, on n'a toujours pas intégré les limites de la toute-puissance et que l'on continue à choisir des conduites à risque, c'est très inquiétant, car cela cache un malaise plus profond, une carence de l'estime de soi qu'il faut ‘prendre en considération », précise la Dr Jousselme.

William, 13 ans, revient de loin. Il ya deux ans, ilest arrivé au Rayon de soleil, un centre de « convalescence sociale », selon l'expression de son directeur, Serge Azema. Située à Cannes, cette institution accueille > "> des enfants déscolarisés, qui ont parfois tenté de se suicider, sortent d'une hospitalisation psychiatrique, fuguent ou se trouvent en situation

énagement de peine. Ils sont

D: par les autorités en lien

la protection de l'enfance et le tribunal de grande instance de Grasse, « même s'ils ne relèvent pas de la grande délinquance », précise le directeur. Ils posent leurs valises pour des durées variables, de trois mois à plusieurs années, avec l'espoir d'écarter le danger qu'ils représentent pour eux-mêmes et leur entourage et de retrouver une place dans leur famille lorsque le lien n'est pas trop abimé.

«Jeme souviens de William quand

il est arrivé, raconte Frank Aimé, le chef du service éducatif de l'établissement. C'était un petit “animal” blessé. Il était capable de prendre son élan pour venir se fracasser la tête contre un carrelage où un mur.
Impossible de l'arrêter, il mordait tous ceux qui l'approchaient et retournait la violence contre lui-même. » William ne supporte pas la frustration. En réalité, c'est lui-même qu'il ne supporte plus. « J'étais une pile quandije suis arrivé ici. Jeme mettais dans des états pas possibles, je ne me souvenais même plus de ce que j'avais fait, raconte-t-il. La seule manière de me calmer, c'était de m'envoyer faire un séjour à l'hôpital. Avant, j'avais l'impression qu'on ne m'écoutait pas, que j'étais trop nul, que je ne faisais que de la merde. J'ai fini par comprendre qu'être ici, ce n'était pas une punition. J'étais un petit enfant seul avec ma colère, et je réalise maintenant que je me suis fait du mal, que je me suis mis en danger... »

Des mots précis, des images fortes. Et un juge pour enfant qui lui sauve la vie en le plaçant. Deux ans plus tard, son addiction aux jeux vidéo, sa déscolarisation et ses crises violentes ne sont plus que de mauvais et lointains souvenirs.
Un professeur de maths, M. Icare, lui avait aussi transmis le goût des sciences dures, tandis que Pierre Durbiano (2), artiste sculpteur, a organisé des ateliers qui ont fait pousser des ailes à tous ces gosses paumés. « Tout à coup, ils ont découvert le droit de s'exprimer en toute liberté, de créer une œuvre et de l'exposer à un vrai public [le TGI de Grasse}, précise l'artiste. Ce n'est pas rien !Je me souviens d'un gamin qui avait fait pleurer une femme venue le féliciter et qui m'avait dit : "C'est la première fois que je fais pleurer quelqu'un d'émotion et non pas pour le mal que je lui aifait.."» Lors d'une exposition, William avait imaginé, lui, un masque blanc fracassé par une carte en forme de hache, avec pour légende : « J1ne faut pas croire que la vie est un jeu. Un abus de jeu violent est un danger. »

“ATIGUÉ D'ÊTRE MOI"

« Les moments de spleen et d'idées noires existent chez tous les ados, rappelle la psychiatre Catherine Jousselme. 7rente-neuf pour cent de ceux que nous avons interrogés reconnaissent avoir pensé un jour que la vie ne valait pas la peine d'être vécue. Dans ces moments de doute précisément, ils étaient 57 % à s'isoler chez les garçons et 75 % chez les filles.
Parmi ceux qui vont très mal, 8,5 % des garçons et 10,5 % des filles se réfugient dans les jeux vidéo, les réseaux sociaux, ou clairement se font du mal en consommant de l'alcool, de la drogue, des médicaments, en se scarifiant. On observe également des accès de violence chez les filles, de l'anorexie mentale chez les garçons et des mouvements anxieux chez des enfants de plus en plus jeunes » (3).
A cet âge, le corps devient un objet central dans le processus d'individuation, c'est-à-dire de séparation avec les parents et le monde de l'enfance. Mais, lorsque le cadre familial ne permet pas de savoir qui on ‘est, et ce que l'on vaut, les choses se compliquent. Pourtant, le corps est un livre ouvert : on y distingue des messages alerte, on y voit aussi perler des gouttes du « moi profond » qui remonte à la surface. Un corps malmené peut ainsi donner une ébauche d'explication. Se scarifier pour évacuer, effacer une honte. Se priver de nourriture pour éprouver, se sacrifier, se délester d'un poids.
Devenir binge drinker (consommer de l'alcool à haute dose en un minimum de temps) pour s'évanouir et échapper à son propre jugement et celui des autres. « Train-surfer » pour se dire que, si on a survécu à l'épreuve, on gagne sa place dans la vie. Jouer aux écrans pour s'effacer derrière. Toutes ces conduites révèlent le même message : « Je suis fatigué d'être moi. » Lanthropologue et sociologue David Le Breton explique tout cela au fil de ses livres (4). I distingue dans les conduites à risque plusieurs aspects :l'ordalie, le sacrifice, la disparition. L'ordalie, cette mise en danger qui « consiste à se mettre sur le fil du rasoir, à questionner symboliquement la mort, en lui demandant si sa propre vie vaut la peine d'être vécue », est la manifestation la plus spectaculaire des conduites à risque. À travers un défi que l'ado se lance - comme le «train surfing», les rodéos à moto, les acrobaties en haut d'un immeuble et sur des poutres -, il cherche à vérifier s'il est à la hauteur, justement. Il se teste et, s'ilen réchappe, il « se dépouille d'une mort qui lui colle à la peau », explique le sociologue. C'est une manière de gagner du temps dans une souffrance déjà présente niée, voire déniée, qui s’enkyste, et de remonter un jour à la surface, plus ou moins funestement.

Serge Azema se souvient du jour où Pablo est arrivé au Rayon de soleil, en grande détresse. Un ado de 15 ans placé après avoir renversé et tué une vieille dame lors d'un rodéo urbain sous acide. « Après un bilan effectué par les équipes de médecins, de psys, d'éducateurs, nous nous sommes rendu compte que ce garçon était passé entre les mailles du filet de la détection des dépressions infantiles. Elles sont beaucoup plus fréquentes qu'on ne le croit et rarement prise en charge dès les premiers symptômes », déplore-t-il Syndrome d'abandon, abus sexuel pour les plus graves, secret de famille plus ou moins lourd à porter, traumatisme mis sous le tapis qui resurgit à l'âge du bouillonnement adolescent.
Les troubles se muent en conduites à risque dont les motivations sont plus ou moins obscures et irrépressibles. « La mort accidentelle de la vieille dame a réveillé un choc très profond chez ce garçon, explique Serge Azema, la perte brutale et inexpliquée de son propre grandpère adoré. In a eu aucun travail de deuil, aucun accompagnement de ses parents, et il a commencé un lent décrochage, une plongée dans la consommation de drogues de plus en plus dures, une descente aux enfers qui a abouti à ce drame. »

Nous ne sommes pas tous égaux dans l'accompagnement de nos enfants jusqu'à l'âge adulte. Certains parents ont les ressources intellectuelles mais aussi le temps de se montrer à l'écoute, quand d'autres sont débordés, démunis, incapables de distinguer le désir profond de la provocation, la passion du défi.
L'AMOUR DU RISQUE

Mettre l'excitation et l'adrénaline au cœur de sa vie, c'est ce que fait Joseph depuis tout petit. À 15 ans, il a déjà une longue carrière de records d'acrobatie, de roulés-boulés plus ou moins périlleux, ou de plongeons du haut de rochers surplombant la mer. D'aussi loin que sa mère se souvienne, il a toujours aimé les frissons : « 1 a fait les 400 coups dès la maternelle et n'a jamais montré le moindre signe d'appréhension. » «J'aime bien prendre des risques, sauter dans le vide, sentir courir l'adrénaline dans mes veines », répète Joseph àl'envi. En sixième, lors d'un stage, il découvre le yamakasi une discipline qui enseigne le « déplacement urbain par des techniques physiques appropriées », c'est la révélation. Très vite ses parents comprennent qu'ils vont devoir aller dans son sens, car cela a dussens. Depuis, il veut être cascadeur. « Un rêve devenu un projet de vie, explique sa mère. L'an prochain, il commence un cursus très progressif qui lui donnera accès au métier de cascadeur professionnel » Dans ses rêves les plus fous, Joseph se transforme en torche humaine, atterrit sur le capot d'une Aston Martin DB10 à pleine vitesse et double la silhouette du James Bond de 2028. D'ici là, trois fois par sernaine, il révise ses saltos avant et arrière, sans jamais perdre de vue que le yamakasi est avant tout un art du déplacement tout en souplesse... loin du risque inconsidéré. m Me.

{0 A la rencontre des adolescents, avec Jean-Luc Douillard, Odile Jacob, 2012.

(2) intervenant dans l'association Funambulies. www funambulles.org

G) Etude « Le nouveau visage de nos adolescents » Inserm, 2015.

(4) Conduites à risque, PUF, 2013.

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PHYSIQUEMENT :
Croissance rapide et déséquilibrée. Âge de disgrâce physique, période échassier. Phase
pubertaire chez les garçons, mais à des âge irréguliers selon les individus (naissance du duvet,
voix qui mue...). Le pré-ados se fatigue vite. Il a des troubles de l’appétit et du sommeil. Il aime
les activités sportives : bicyclette, escalade, voile équitation...
Attention au téléphone portable et aux nouveaux médias (Facebook, Twitter...)
INTELLECTUELLEMENT :
Développement de l’esprit critique. Rêverie, fuite dans l’imaginaire, sensibilité au beau. L’enfant
sait s’organiser et prendre des responsabilités. Il s’intéresse à ce qui se passe dans le monde, à
l’actualité. Il aime toutes les technologies nouvelles.
SEXUELLEMENT ET AFFECTIVEMENT :
C’est une période difficile : émotivité, inquiétude, instabilité, caractère lunatique, parfois
dépressif, repli sur soi, isolement. S’oppose aux adultes dont il n’accepte plus le contrôle.
Cherche à affirmer sa personnalité.
EN COLLECTIVITÉ :
Recherche des confidents, se plaît en petits groupes. L’animateur doit tenir compte de la
fatigabilité, il est attentif aux troubles de l’appétit et du sommeil, il est disponible, franc. Il doit
laisser le groupe s’organiser sans s’imposer.
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12-18-LEURS PREMIÈRES AMOURS

BAFA, AROEVEN

1De la pornographie aux divorces, notre société ne renvoie pas toujours à nos enfants une image
très positive de la vie en couple. Ils continuent malgré tout à croire au grand amour.
EST-CE QU’IL FAUT METTRE DES LIMITES ET LESQUELLES ? Face à ces questions, les parents se
retrouvent souvent démunis. Ils sont même très mal à l’aise vis-à-vis de ces sujets qui relèvent de l’intime. Ils se
sentent « doublés » par les informations que les jeunes reçoivent tous azimuts, notamment sur Internet.
Le contexte social dans lequel les enfants baignent a de quoi, en effet, déboussoler les parents... et les
jeunes eux-mêmes. Les modèles que leur renvoie le monde adulte ne leur donnent pas une vision très positive du
couple : des « people » aux héros des émissions de téléréalité, en passant par ceux qu’ils voient vivre autour
d’eux, et qui souvent se séparent, parfois au sein de leur propre famille.
Ils sont également confrontés, à un âge de plus en plus précoce, à la pornographie, qui leur assène,
via Internet, une vision crue et brutale de la sexualité. Les statistiques ont de quoi inquiéter. »Quand on les
interroge, à 14 ans, ils disent tous qu’ils regardent des films pornos et que tous leurs copains aussi », confirme
Valérie Seguin, qui a lancé sur Internet un « parcours pédagogique » destiné aux ados pour contrer ce
phénomène («éducationsensuelle.com). « Les filles disent même que les garçons sont complètement obsédés
par la pornographie. Il faut à tout prix leur dire que l’amour, ce n’est pas ça », insiste-t-elle, à l’instar de
nombreux experts qui tirent de plus en plus la sonnette d’alarme sur l’impact que ces images peuvent produire
sur les jeunes. « Elles leur donnent, d’une part, une vision très violente de la sexualité et, d’autre part, une vision
extrêmement dégradée et dégradante de la femme, qui leur font perdre leurs repères », souligne Béatrice
Copper-Royer, psychologue. Certains peuvent être tentés de s’y référer comme « modèles ». « Mais ces images
les angoissent plutôt, voire les dégoûtent, notamment les filles », estime la psychologue. « Elles peuvent même
avoir un effet traumatique, en particulier avant la puberté », alerte le psychiatre Patrice Huerre, qui rappelle que
de nombreux enfants de 10 ans y ont déjà été confrontés, ce que les parents n’imaginent pas, précise-t-il, alors
qu’ils devraient les mettre en garde.
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La cellule familiale reste un modèle
Pour autant, cet univers pornographique n’est pas leur unique référence, tempère Armelle Nollet,
Conseillère conjugale et familiale au Cler. « Il faut alerter, mais ne pas se focaliser dessus. Car ils n’ont pas accès
qu’à ça non plus. Pas plus qu’il ne faut réduire l’amour à la sexualité. Ils ont de multiples représentations de
l’amour, à travers les couples qu’ils voient autour d’eux : leurs parents, leurs grands frères et sœurs, leurs
copains, ce qu’ils vivent eux-mêmes. La cellule familiale reste notamment pour eux un modèle extrêmement
puissant. Les parents d’ailleurs peuvent transmettre beaucoup de choses dans ce domaine, davantage que par la
parole. » Même si ce n’est pas toujours simple là non plus de « témoigner ».
« Il y a des familles où les résultats scolaires comptent davantage que les relations affectives,
poursuit-elle. D’autres où on ne se respecte pas au sein du couple... » Le père Denis Sonet conseille ainsi aux
parents de prendre soin de leur équilibre affectif et de leur propre couple avant de s’occuper des amours de leurs
enfants.
L’urgence est néanmoins de leur donner dans ce domaine davantage de repères, à travers une
éducation relationnelle et affective assurée dès le plus jeune âge. Et qui ne soit pas le fait des seuls parents, mais
de l’ensemble de la communauté éducative. Armelle Nollet, qui intervient auprès d’adolescents, estime qu’il est
possible de leur donner des « cours d’amour », « même s’ils sont tentés, quand on leur parle, de nous rire au
nez ». « On peut leur apprendre l’empathie, la capacité de se mettre à la place de l’autre, l’impact émotionnel
d’une relation, à partir de situations concrètes : un meilleur ami ou un petit ami qui les laisse tomber – ils disent
d’ailleurs ‘’ça, c’est grave’’, poursuit-elle. Et les faire réfléchir à cette occasion aux notions de respect, de
confiance et d’engagement. »
Les repères transmis dans ce domaine se distillent, par ailleurs, tout au long de la vie de l’enfant,
« notamment à l’âge de la grande enfance, où ils sont curieux de tout et très réceptifs aux discours de leurs
parents », conseille Béatrice Copper Royer. « Il est important de répondre aux questions qu’ils se posent, sans les
éviter, mais aussi de leur faire passer des messages, au quotidien, autour de l’intimité, de la pudeur, en leur
apprenant à respecter leur corps et celui de l’autre. C’est plus facile de le faire en amont qu’au moment de
l’adolescence, où ils ne veulent plus entendre parler des conseils de leurs parents. Et quand ils sont entrés dans
leur vie sexuelle, estime-t-elle, les parents n’ont plus à s’en mêler. Ils doivent aussi leur faire confiance, ne pas
être dans la crainte, dans la peur. »
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Un discours social cru et angoissant
Les premières amours de leurs enfants inquiètent, en effet, souvent les parents. A tort ou à raison ?
Les adolescents sont certes un peu perdus. « Ce qui paraît assez confus dans leur tête, c’est qu’ils sont pris dans
un discours social assez cru et qui les angoisse plutôt, souligne Béatrice Copper-Royer. Et en même temps, ils sont
toujours aux prises avec un idéal d’amour chevillé au corps, une vision de l’amour qui dure. »
Il ne faut pas, en tout cas, toujours se fier à « l’image de surface » qu’ils donnent d’eux-mêmes,
rassure Patrice Huerre, qui souligne le décalage qui existe souvent entre « la crudité de leurs propos et la réalité
de ce qu’ils vivent ». « La liberté d’évocation inimaginable que permettent les nouvelles technologies ne veut pas
dire qu’ils aient des mœurs extrêmement libre, assure-t-il. Il ne faut pas s’y tromper : leurs premières
expériences restent toujours inédites et ils se posent exactement les mêmes questions fondamentales que la
génération précédente. » Ils sont, certes, un peu ébranlés parce qu’ils ont vu autour d’eux, et ont davantage »de
doutes sur la durée des couples », nuance-t-il. Mais ils continuent à rêver au grand amour, avec des idéaux de
fidélité et un romantisme très forts. C’est entre ces rêves profondément ancrés en eux et la réalité fragile de ce
qu’ils vivent que parents et éducateurs devront sans doute aider les adolescents à construire les couples demain.
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13-18-ADOS EST-IL SI IMPORTANT D’ÊTRE POPULAIRE ?

BAFA, AROEVEN, Marcel RUFO

À l’écoute, et surtout au collège, il faut être populaire... mais ça n’est pas donné à tout le monde. Le pédopsychiatre marcel RUFO nous aide à mieux comprendre ce phénomène.
« Populaire. » Les collégiens ont emprunté cette attitude aux séries américaines pour adolescents (Gossip Girl, Les Frères Scott, Glee...). En anglais, « popular » signifie plutôt « avoir la cote ». « Quand, sur internet, on parcourt les forums où l’on échange conseils et les commentaires, on comprend l’ampleur de ce sujet brûlant », précise Marcel RUFO.
À quoi reconnaît-on un élève populaire ?
Il n’y a pas vraiment de définition précise. Être « populaire », c’est être quelqu’un qui plaît, qui fait
rire, qui rend volontiers service, qui est à l’écoute de ses camarades, qui se montre à l’aise avec tout le monde,
professeurs inclus... Il n’en fait pas trop. Ni insolent, ni premier de la classe, ni « looké », il est d’abord lui-même.
C’est d’ailleurs ce qui trouble le plus les candidats à la popularité, il n’y a pas de règles. Être populaire, c’est un
état d’esprit. On pourrait dire que le populaire est tout simplement un ado bien dans ses baskets.
A NE PAS FAIRE
Reprocher à son enfant de manquer de popularité, ce qui renforcerait le doute en lui.
Se comporter avec lui comme si vous étiez l’un de ses copains.
Pourquoi veut-on être populaire ?
« Suis-je populaire ? C’est l’une des questions que tous les ados se posent », explique Marcel RUFO.
En effet, être populaire, c’est avoir vaincu le doute de soi. Il s’agit de s’identifier tout en étant singulier.
Evidemment, tout le monde ne l’est pas. Et les « recalés » hantent les forums pour ados, à la
recherche d’un éventuel mode d’emploi et de réconfort : « je suis actuellement en quatrième, écrit M, 13 ans et
je souhaiterait devenir populaire. J’ai déjà réussi à m’incruster dans une bande de populaires, mais je n’arrive pas
à me faire connaître des autres... » Un peu désespéré, notre internaute réclame des recettes miracles. Cette iné-
galité face à la popularité, Marcel RUFO la juge plutôt féconde : « Il est bon que des enfants inhibés puissent ex-
primer leur plainte », déclare-t-il. De même il refuse de s’associer à la critique des réseaux sociaux : « Même si
c’est un leurre, l’ami virtuel permet à l’ado de construire son image. »
 
Parents, restez en dehors !
La volonté d’être populaire n’est pas nouvelle. « Ce qui est nouveau, précise Marcel RUFO, c’est que
les mamans croient que la popularité va résoudre les problèmes de leur ado. Généralement, les parents ont
besoin de pouvoir mettre une étiquette, ça leur évite de réfléchir... »
En fait, il est préférable que les parents n’interviennent pas, sauf pour rassurer : « Tout le monde ne
peut pas être populaire. Tu as d’autres qualités. » Et ce n’est pas parce qu’on a rêvé, enfant, d’être populaire,
qu’il faut transformer son rejeton, « Les parents ne doivent pas accabler les ados de leur propre adolescence,
insiste Marcel RUFO. Ils doivent se contenter d’observer leurs enfants selon leur qualité, plutôt que de projeter
sur eux leurs propres échecs. » C’est donc une affaire d’ados, qui se réglera entre ados, dans la cour du collège et
sur les forums Internet...
QUESTIONS D’ADOS
La rubrique « Psycho » du site ados.fr possède un forum riche d’information. Les parents peuvent y
jeter un coup d’œil, ils constateront que leurs enfants ont plus de plomb dans la tête qu’ils ne l’imaginent. Les
ados abordent la popularité avec distance. Les filles, notamment, ne sont pas dupes. Elles ont aussi le sens de
l’humour : « Pour être populaire, il faut s’y prendre dès le CM2. » Et du bon sens : « La popularité, c’est une
connerie que les gens sortent des séries américaines : sois toi-même ! »




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