Nous l’appelons « la Jeep », par simplification. À l’origine, en effet, on désignait ainsi des « jeunes équipes d’éducation populaire » unies par des liens fédératifs. Au début, il y a 60 ans de cela, a été créée une fédération nationale composée de plusieurs groupements régionaux de ces Jeunes Équipes (région parisienne, Poitou-Charentes, Normandie, Midi-Pyrénées, etc.) ; parmi eux, le groupement alsacien. La Jeep qui nous est aujourd’hui familière, celle dont nous tenons à souligner les pratiques actuelles et les projets est, de par son histoire relativement longue, le témoin d’une aventure collective à laquelle ont participé de nombreux acteurs militants, individus et groupes. Pourquoi les qualifier de militants ? Parce que l’Éducation Populaire qu’ils entendaient promouvoir désignait, dans les années postérieures à 1945, un projet encore assez nouveau, même s’il portait les espoirs de plusieurs générations précédentes, désireuses de traduire dans la réalité l’idée de solidarité, objet de vives discussions à la fin du XIXè siècle. Belle et généreuse idée, que la solidarité, car chargée d’aspirations au partage des biens matériels, culturels, symboliques, tous biens dont on ne saurait se passer sans qu’il en résulte des dommages graves pour les personnes comme pour la société tout entière.