Les députés se penchent sur les violences en bandes organisées. 23 Juin 2009, Midi Libre

Sécurité Les députés se penchent sur les violences en bandes organisées

RAPPEL Début, aujourd'hui, de l'examen d'une proposition de loi de
Christian Estrosi destinée à lutter contre les groupes violents Le drame
du Blanc-Mesnil éclaire d'un jour particulier le débat qui commence à
l'Assemblée. Dans la nuit de samedi à dimanche, une rixe entre jeunes de
deux cités sensibles du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) s'est soldée
par la mort d'un adolescent de 17 ans, touché par balle à la tête. Deux
autres jeunes ont été blessés lors de cette violente rixe. Selon le
parquet de Bobigny, un fusil à pompe a été saisi sur les lieux. La
police a précisé pour sa part que le jeune homme qui est mort avait été
atteint par une arme de gros calibre, tandis qu'un autre touché au dos
avait été visé par une arme de petit calibre. Cette rixe est intervenue
alors que les députés s'apprêtent à plancher sur une proposition de loi
de Christian Estrosi (UMP) qui envisage de punir de prison la
participation à une bande violente. Le porte-parole de l'UMP, Frédéric
Lefebvre, a appelé les parlementaires à voter ce texte

« à l'unanimité ». « Les adaptations législatives en cours vont
renforcer les moyens de lutter contre la violence des bandes, en
particulier dans les quartiers sensibles », a commenté Michèle
Alliot-Marie. La ministre de l'Intérieur a fermement condamné « les
affrontements entre bandes » et leurs « conséquences dramatiques ».
Plusieurs sociologues spécialisés dans l'étude des « bandes » critiquent
la proposition de loi Estrosi qu'ils jugent vague et redondante par
rapport à la législation existante. Ils regrettent « une logique
répressive qui tourne sur elle-même ». « La bande organisée malveillante
et délinquante existe, elle s'appelle l'association de malfaiteurs »,
souligne Michel Fize, chercheur au CNRS et auteur de Les Bandes (Desclée
de Brouwer). Le chercheur relève également dans ce texte, qui punit
l'appartenance supposée à un groupe, « quelque chose de l'ordre de
l'égratignement du droit de réunion et d'association ». « Où finit le
groupe de copains, où commence la bande ? », interroge Laurent
Mucchielli, auteur de Les Bandes de jeunes, avec Marwan Mohammed (La
Découverte). « La sécurité durable doit établir un juste équilibre entre
prévention et répression de manière à endiguer l'entrée dans la
délinquance de mineurs », affirme de son côté le député-maire UMP de
Nice, Christian Estrosi, pour défendre son texte contre les violences en
bandes et à l'école. Le nouvel arsenal, explique-t-il, « permettra
d'agir en amont en détectant les intentions (...). C'est assez simple
lorsque sont brandies des barres de fer ». M. Estrosi souligne par
ailleurs qu'il vise à « sanctuariser l'école », en autorisant notamment
la fouille des cartables par des personnels habilités. Faut-il encore
une loi contre les violences urbaines ? Reuters


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